



SAISONS
Alain Flamand
Edilivre, août 2024.
Le temps
Alain Flamand nous emporte dans les motifs, thèmes et variations de son concerto des quatre saisons. Qu’importent les sciences, fussent-elles relativistes, sa poésie mesure le temps, au rythme du monde et de la sensibilité de l’être. Poésie d’un promeneur amoureux libéré des connexions et des flux d’un monde social où l’on compte en termes de vitesse et d’économie et où l’on se perd. Saison est une de ces œuvres qui nous redonne le monde. Un érotisme d’émotions, de pulsions et de pensées dans un dialogue entre le vivant et la mort.
Les sens
Pas question d’expliquer le poème au lecteur. On l’entoure de précautions : oratoires, matérielles et symboliques, comme l’on prépare une séance d’hypnose. On pose une main sur l’épaule du lecteur et on murmure à son oreille un peu inquiète, un peu sourde, et surmenée, le souffle, les gammes et les tonalités qui favoriseront sa perception des sons et des images qui se révèleront entre les mots. On glisse, dans une poche de son esprit, étriqué dans sa camisole cousue par « la vie comme elle va », les petites clés des tiroirs secrets de la poésie.
L’objet poème
Les formules magiques, strophes concertantes, se suivent dans la mesure où elles se hèlent d’une saison à l’autre, d’un paysage à l’autre, d’un moment à l’autre, formant de multiples accords. À chaque saison son thème, que les variations déploient, en sertissant les pierres précieuses, les instants vécus, des anneaux d’une chaîne d’or, qui traverse tout le recueil, et que l’on nomme « lumière ». Cette chaîne va-t-elle se rompre ? Pas de fin. Le mouvement est perpétuel :
« Pour tout espoir autour de la lampe :
Qu’un jour proche, tirée de fourreau de Nuit,
La lumière sème de nouveau ses grains de ciel ! » p. 53
« Quelle main
Tire de son fourreau
Une telle lumière » p. 11
Olivier TOMASZCZYK